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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 12:31

Aucun placement n’est sûr. C’est ce que pense Dylan Grice, analyste de marché de la Société Générale qui a été élu "meilleur stratège paneuropéen" en 2011.

Nous rencontrons Dylan Grice dans un café à la mode au cœur de la City de Londres. Ceux qui attendaient un homme en costume sur mesure se sont trompés d’adresse. Le sympathique Grice, tout comme son collègue et maître très controversé Albert Edwards, est tout sauf un typique banquier londonien. On retrouve ce côté anti- conformiste dans ses analyses très tranchées et souvent à rebours. Grâce à ses rapports hebdomadaires, Grice a été, l’an dernier, élu par ses pairs gestionnaires de fonds, analystes et courtiers meilleur stratège paneuropéen, devant Albert Edwards.

Après les crises boursières, peu d’investisseurs sont encore prêts à croire que des actions permettent de protéger nos économies. Qu’est-ce qui vous pousse à le croire?

Dylan Grice: Les investisseurs commettent fréquemment l’erreur de mettre toutes les actions dans le même sac. Quand on parle d’obligations, on fait automatiquement la différence entre obligations souveraines et obligations d’entreprises. On le fait rarement pour les actions, alors que c’est tout aussi important. Personne ne peut prédire l’avenir. L’objectif sera donc de choisir le groupe d’actions qui rendra votre portefeuille suffisamment robuste pour résister aux tempêtes. Dans notre indice, nous ne reprenons que des entreprises qui paient un bon dividende. La nouveauté, c’est que ces actions doivent répondre à des critères de qualité, comme présenter un bilan stable et intègre. Contrairement aux coupons des obligations, les dividendes protègent contre l’inflation et ils sont éternels.

Ne faudra-t-il pas encore passer par une nouvelle période d’aversion aux actions avant qu’elles ne redeviennent véritablement bon marché?

Grice: Personne ne peut dire quand c’est le bon moment d’acheter. Le ratio cours/bénéfices donne une bonne idée de la confiance qu’ont les investisseurs dans l’avenir d’une entreprise. Plus le ratio est bas, plus ils sont pessimistes. A l’heure actuelle, ces ratios ne sont pas encore revenus totalement aux niveaux des années ’70. La confiance des investisseurs avait alors totalement disparu. Je ne serais pas étonné si nous nous retrouvions à ces niveaux. Il est dès lors essentiel de n’avoir en portefeuille que des actions offrant une marge de sécurité. La situation dans le sud de l’Europe est un bon exemple. La crise de l’euro est clairement une crise gouvernementale et une crise du marché des obligations. Or, qu’observe-t-on? Que les actions grecques ont moins bien presté que les obligations grecques. C’est la même chose pour les actions italiennes et espagnoles. Je ne dis pas que toutes les actions grecques seraient une bonne affaire, mais il doit certainement y avoir des opportunités. Soit la situation explose complètement, et dans ce cas, tout s’écroulera et on limitera les risques avec des actions de qualité qui ont déjà été fortement pénalisées. Soit les choses s’améliorent, et vous détenez, avec ces actions, un potentiel de rebond.

Quelle est l’importance de la diversification d’un portefeuille si l’on se souvient qu’en 2008, tout a baissé?

Grice: Il est illusoire de croire qu’une bonne diversification vous mettra à l’abri d’un krach. En cas de krach, la corrélation entre tous les investissements est de 1. Ça a toujours été le cas. Mais la diversification est importante en d’autres circonstances, et nécessaire. Il faut faire la différence entre le cash et les investissements. Par cash, j’entends l’euro ou le dollar américain, mais aussi l’or. Dans les autres investissements, les obligations souveraines et les actions à dividende sont une bonne source de diversification.

Placeriez-vous votre argent dans des bons du trésor américain?

Grice: Certainement pas. Je ne comprends absolument pas comment des gens peuvent acheter des bons du trésor américain. Combien estimez-vous devoir empocher comme intérêt si vous prêtez de l’argent à un homme dont vous savez que sa situa-tion financière est catastrophique, qu’il n’est pas contrôlé, et qu’il ne joue pas toujours franc jeu? Vous demanderez certainement plus que le maigre 1,6% par an que les obligations américaines rapportent.

Que pensez-vous des nombreux investisseurs qui placent une grande partie de leurs économies sur un compte d’épar-gne car ils pensent que c’est le seul endroit où elles sont en sécurité?

Grice: C’est une illusion. Aucun placement n’est sûr. Un compte d’épargne subit l’inflation et vous courez aussi un risque de concentration en plaçant tout votre argent dans un seul et même produit.

Pourquoi est-ce tout de même le cas, et à grande échelle?

Grice: Il y a une bonne raison. Les gens manquent totalement de formation financière. Si on leur expliquait comment fonc-tionnent les produits financiers dès l’école primaire, ils réfléchiraient à deux fois avant de mettre tout leur argent dans un seul produit. Je crains qu’il soit difficile de convaincre les gens. Ils ne seront convaincus que lorsqu’ils verront que certains investissement remontent. Mais il sera déjà trop tard. Regardez Warren Buffet. En 2008, il a dit que c’était le moment d’acheter des actions. Mais qui a suivi ses conseils? Il n’y a pas meilleur maître que Warren Buffet. Pourtant, personne ne l’écoute. Et ça ne changera sans doute jamais.

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