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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 12:57

"Je ne suis pas partisan des fonds de placement à base de modèles mathématiques. Il n'y a pas de formule magique pour bien investir. La seule chose qui fonctionne, c'est le bon sens", nous confie John Chatfeild-Roberts, représentant en vue du gestionnaire de patrimoine britannique Jupiter Asset Management.

Agé de 50 ans, John Chatfeild-Roberts a le nez pour identifier les fonds de placement rentables. Notre homme a conduit ses 6 ‘fonds de fonds’ à travers la crise financière sans encombres. Résultat: les fonds se retrouvent au top de leur secteur. Le gestionnaire doit cette réussite à une stratégie cohérente. "Avant de confier l'argent de mes clients à un fonds, je tiens absolument à rencontrer son responsable. Seul un entretien face à face permet de savoir si l'on a affaire à quelqu'un de sérieux", explique-t-il.

Vous affirmez qu'avant de composer un portefeuille, il est essentiel de disposer d'une vision d'avenir. N'est-ce pas là une mission impossible dans les conditions actuelles?

"En cas de crise financière, tout le monde finit par passer à la caisse. Toute la question est de savoir comment la facture est présentée: hausses d’impôts? Dévaluation de la monnaie? Stagnation des allocations sociales? Régulation? En tant que gestionnaires, notre rôle consiste à minimiser la facture de l'investisseur. Vous avez par exemple aujourd'hui des obligations publiques allemandes ou américaines qui rapportent à peine 1,5% par an. À brève échéance, c'est peut-être une bonne idée d'investir dans ces obligations, mais sûrement pas à long terme. L’inflation va tailler votre argent en pièces."

Quel est le meilleur investissement?

"Personne ne sait quel est le meilleur investissement. La diversification résout donc une bonne partie des problèmes. Pour le reste, c'est une affaire de bon sens. Nous n’utilisons pas de modèles mathématiques ou informatiques. Jadis, les alchimistes ont aussi tenté de trouver des moyens pour transmuter les métaux ordinaires en or. Aucun n'y est parvenu. Nous pouvons en dire autant de ces modèles quantitatifs. Investissez en réfléchissant et respectez les lois qui régissent la Bourse depuis toujours. En vertu d’une de ces lois, sur le long terme, les dividendes représentent plus de la moitié du produit des actions. J'ai grandi dans les années 70, quand l'inflation atteignait 25% au Royaume-Uni. On dirait que les gens ont oublié que cela peut arriver. De nos jours, on met l'accent sur la protec-tion du capital. Mais nous allons voir de plus en plus clairement que l'essentiel est dans la préservation du pouvoir d'achat. Pour cela, il faut savoir regarder au-delà de quelques semaines, sans réagir fébrilement aux fluctuations de court terme sur les marchés financiers. Mieux: profitez des creux pour oser investir. Tout l'art consiste à garder une longueur d’avance sur le marché. Une longueur, mais pas plus; vous seriez trop en avance."

Comment l'investisseur peut-il aujourd'hui conserver une longueur d'avance sur le marché?

"Il doit avoir l'audace de privilégier les actions des entreprises bien dirigées. En achetant ces actions-là, vous achetez une partie des liquidités à venir. Comparez le cours des obligations d'État avec celui des entreprises. Vous constaterez que l'écart est clair. Les obliga-tions publiques rapportent 1,5% par an, alors que des actions stables, par exemple celles de Shell, offrent jusqu'à 5% de rendement de dividende. Il ne fait aucun doute que les entreprises sont aujourd’hui plus rentables que les États. Si cela ne se traduit pas encore dans les cours, c’est que vous avez justement une longueur d'avance sur le marché."

Que doit faire le bon gestionnaire si les marchés ne lui donnent pas raison?

"Vous n'avez pas toujours raison, acceptez-le. Le gestionnaire prend de nombreuses décisions. Comment ne jamais se tromper? 60 à 70% de bons choix, c'est déjà un succès. 30 à 40% d'erreurs? Pas grave! L’essentiel c’est de réagir correctement. D’abord, il faut savoir admettre qu’on s’est trompé. Ensuite, oser intervenir et changer de cap. On le constate très clairement chez les bons gestionnaires. L'avantage de notre activité, c'est que nous savons à tout moment de la journée si nous sommes sur la bonne voie ou non. Comment un fonds de fonds peut-il créer de la valeur ajoutée? Ce que nous faisons chez Jupiter, c’est essayer de réunir les meilleurs investisseurs. Souvenez-vous de vos professeurs. En vous remémorant vos années d’école, vous repensez sans doute à des enseignants qui vous ont beaucoup appris. Mais il y en a peut-être d'autres dont vous n'avez pas retenu grand-chose. Il en va de même dans le secteur des fonds. Nous devons identifier les gestionnaires qui génèrent de la valeur ajoutée."

Comment les sélectionnez-vous?

"On dit souvent que la performance passée ne nous renseigne pas sur l'avenir. Pourtant, quand on regarde bien, des tendances se dégagent. Des ges-tionnaires se comportent mieux dans certains cycles que dans d'autres. Bien sûr, le passé n’est pas tout. Nos entretiens avec les dirigeants sont au moins aussi importants. Nous en rencontrons environ 120 par an. Pour nous, l'expérience et la stabilité sont essentielles. L'année dernière, pour la première fois, le gestionnaire d'un fonds de notre sélection a quitté son employeur. Cela ne nous était jamais arrivé auparavant."

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