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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 17:52

Les fonds d’obligations à haut rendement connaissent un engouement sans précédent. Mais avec le retour en force des actions, ont-elles encore de réels atouts?

Il y a parfois moyen de dénicher de bonnes affaires sur les brocantes. Ceux qui ont acheté voici quelques mois des "junk bonds" (ou obligations pourries) ont fait une affaire en or. Depuis le début 2012, les fonds d’investissement spécialisés dans ce type de produit affichent un rendement moyen de 12,9%.

Les obligations "pourries" sont des titres de créances d’entreprises dont le rating est faible (entre BB+ et CCC). Pour compenser le risque, ces titres offrent une rémunération supérieure. Une obligation du groupe cimentier français Lafarge (échéance 2017) offre ainsi aujourd’hui un taux de 5,4% alors que le Bund allemand offre à peine 0,46%.

De plus, on peut se demander si l’appellation "obligation pourrie" est justifiée. Les initiés préfèrent souvent les appeler "obligations à haut rendement". Derrière ces obligations, il n’y a pas forcément des entreprises en difficulté. Le groupe de boissons Pernod Ricard et le groupe de construction Heidelberg Cement ont émis des obligations affublées de l’étiquette "junk". Avec la crise de l’euro qui perdure, ces obligations à haut rendement attirent de plus en plus les investisseurs. C’est logique: le malaise de la dette a démontré que les obligations souveraines des pays de la zone euro n’étaient pas aussi solides qu’on le pensait. La faible proportion de dette souveraine encore considérée comme sûre (les obligations allemandes, néerlandaises et belges) ne rapporte quasiment rien. Les titres à haut rendement retrouvent alors tout d’un coup leur attrait.

Cette quête de meilleurs rendements explique pourquoi, depuis le début 2012, les investisseurs ont déjà pompé plus de 91 milliards d’euros dans des fonds d’obligations.

Mais l’appétit croissant des investisseurs a son revers. Car si une obligation prend de la valeur, son rendement baisse automatiquement. Le "Barclays High Yield index" -indice très suivi en matière de titres à haut rendement -, a baissé la semaine dernière à 6,6%, soit le niveau le plus bas jamais atteint.

Les obligations à haut rendement ont déjà fait beaucoup de chemin mais ne sont pas encore au terminus.

Frank Vranken,

Stratégiste chez BNP Paribas Fortis Private Banking

Le marché des obligations à haut rendement a-t-il pour autant atteint son apogée? Frank Vranken, stratège chez BNP Paribas Fortis Private Banking, pense que non: "Ces titres ont certes déjà fait beaucoup de chemin, mais ils ne sont pas encore arrivés au terminus. L’indice iTraxx Crossover donne une différence de 500 points de base par rapport aux bons du trésor allemands, alors que normalement le spreda se situe autour de 200. Si, après les décisions de la BCE et le ‘oui’ de la Cour constitutionnelle allemande au fonds de secours permanent européen, la situation économique s’améliore, ce ‘spread’ retombera et retrouvera son niveau d’origine. Pour le moment, je ne prendrais pas encore mon bénéfice. Mais si le spread tourne autour des 400 points de base, alors je conseillerais de vendre".

Vranken conseille de ne pas acheter des fonds d’obligations à haut rendement les yeux fermés, et de privilégier les fonds qui investissent dans des obligations dont le rating est plus élevé. Il ne faut donc pas descendre en-dessous de BB+ et préférer une échéance assez courte: entre 3 et 5 ans.

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