Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 15:08

Obligation de travailler plus longtemps pour sa pension légale, incertitude quant au rendement de la pension complémentaire du deuxième pilier, réforme du régime fiscal de l’épargne pension, ... Autant de raisons de préparer soigneusement ses vieux jours.

La législation belge en matière de pension est complexe et aucune simplification n’est à prévoir dans l’immédiat. D’autant que la flexibilité sociale n’arrange rien, explique Philip Neyt, président de l’Association belge des institutions de pension (ABIP). " Auparavant, on accomplissait toute sa carrière dans la fonction publique, dans le secteur privé ou en tant qu’indépendant. Aujourd’hui, on recense beaucoup plus de carrières mixtes et, de surcroît, sous différents régimes temps partiel, temps complet, … "

Pour résumer : la pension légale le premier pilier est faible pour les indépendants, légèrement plus élevée pour les salariés et plus confortable pour les fonctionnaires. " Pour l’employé, la pension sera comprise entre 50 à 60% de la dernière rémunération ", prévient Philip Neyt. Il est plus que jamais nécessaire d’épargner pour ses vieux jours. 75% des salariés se constituent une pension complémentaire dans le deuxième pilier, l’épargne pension, par le biais de l’employeur.

Épargne pension et assurances-vie individuelles forment le troisième pilier. "Ce sont les fameux 910 euros par an que vous pouvez déduire par membre du ménage", explique Philip Neyt. Le quatrième pilier correspond en gros au patrimoine financier et immobilier. Philip Neyt: "Être propriétaire de sa maison reste la meilleure protection contre la pauvreté." Ce pilier est particulièrement important pour les indépendants.

Les jeunes et l’épargne pension

Le Belge s’intéresse-t-il à sa pension? Philip Neyt observe une évolution : " Avant, on commençait à y penser lorsque l’âge de la retraite était en vue. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes se constituent une épargne pension très tôt. Et pas uniquement pour l’avantage fiscal que l’épargne pension produit, car cet argent bloqué 20 ou 30 ans pourrait leur être bien utile à cet âge. "

Aujourd’hui, les pensions ont également un impact sur la planification des carrières. Par exemple, les salariés ont tendance à analyser les conséquences pour leur pension lors de chaque changement dans leur vie professionnelle. " Et la pension devient également un élément important des négociations salariales. Autre constat : l’épargne pension par le biais de l’employeur s’est énormément étendue chez les ouvriers au cours de ces six dernières années ", confirme Philip Neyt.

Pourtant, il y a encore du pain sur la planche, estime Philip Neyt. " Les Belges n’ont pas encore conscience de la durée de leur retraite. L’âge de la retraite est bas et l’espérance de vie élevée : 25 ans, c’est long quand on n’a pas de bas de laine. Imaginez que votre capital retraite du deuxième pilier s’élève à 25.000 euros. Cela semble une somme appréciable. Mais, si vous l’étalez sur 25 ans, elle représente à peine 50 à 60 euros par mois. Pour certains, c’est une fameuse désillusion. " Travailler plus longtemps semble une solution. Dans ce cas, on perçoit un revenu pendant une période plus longue et l’utilisation du capital retraite est concentrée sur une durée plus courte.

Réel ou légal?

La réforme des pensions n’est pas une révolution, c’est une évolution et les dernières mesures du gouvernement Di Rupo ne sont qu’un premier pas. Faut-il relever l’âge légal de la retraite? " Cela n’a guère de sens. Nous devons surtout augmenter l’âge réel de la retraite. Pour cela, on a besoin de gestion de carrière. Et l’initiative doit venir des travailleurs et des employeurs. L’État doit proposer des instruments et des incitants. "

" Un problème se pose également au niveau de l’évolution du salaire ", estime Philip Neyt. " Nous voulons gagner le plus possible en fin de carrière. Mais, quand on a plus de 60 ans, que l’on commence à travailler moins et différemment, faut-il vraiment gagner plus? Il serait également utile d’étendre le travail autorisé à la retraite. Pourquoi ne pourrait-on pas combiner une pension partielle avec un salaire? "

Rendement garanti

La loi garantit un rendement pour toute cotisation au deuxième pilier : 3,25% sur les cotisations de l’employeur et 3,75% sur les primes payées par le salarié. Les assureurs souhaitent abaisser ces rendements garantis à cause de la faiblesse des taux à long terme. " On ne peut pas simultanément étendre et dévaluer le deuxième pilier ", estime Philip Neyt. " De plus, les pensions s’inscrivent toujours dans le long terme. Les assureurs n’auront pas besoin de cet argent demain, mais dans 30 ans. Il existe suffisamment d’instruments sur le marché pour garantir ces rendements. Les années 80 et 90 ont, par exemple, été très bonnes et même si le marché est un peu plus volatil aujourd’hui, c’est moins problématique si l’on n’a pas besoin du capital à court terme. Si vous mettez 100 de côté aujourd’hui, il faut avoir l’assurance que ce que l’on récupérera dans 30 ans vaudra encore 100. La constitution d’une pension doit résister à l’inflation, sinon, autant dépenser ses revenus. "

Le gouvernement Di Rupo a limité l’avantage fiscal pour le troisième pilier à 30% pour tout le monde. " Avant, la déduction était plus élevée pour les hauts revenus. Aujourd’hui, tout le monde est logé à la même enseigne, quel que soit le revenu ", explique Philip Neyt. " Mais si l’incitant fiscal est important, ce n’est pas le seul facteur. "

Partager cet article

Repost 0
invest-conseil - dans finances
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : l'économie pour tous
  • : le blog a pour but de permettre à toute personne de suivre l'évolution de l'éconnomie
  • Contact

Recherche

Liens