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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 13:50

En raison du contexte de crise économique morose, les augmentations de salaire dignes de ce nom sont devenues une denrée rare. Mais si vous avez le choix, il est préférable d’opter pour une augmentation de votre capital pension.

Environ 2,2 millions de Belges épargnent pour leur retraite via leur entreprise. Les versements de l’employeur dans une assurance de groupe ou dans un fonds de pension offrent un rendement garanti de 3,25% par an. Le rendement garanti sur les versements de l’employé est, quant à lui, de 3,75%. L’employeur est tenu de garantir ces rendements et sa facture risque de devenir plus lourde. Les assureurs vont en effet devoir baisser le taux garanti sur les assurances de groupe à 2% à partir de 2013 contre (3,75% depuis 1999), si la proposition en ce sens faite par la Banque Nationale de Belgique (BNB) est avalisée par le ministre de l’Economie, Johan Vande Lanotte.

Hélas, trop peu d’employés considèrent ce deuxième pilier comme faisant partie intégrante de leur package salarial. Ils préfèrent une augmentation de salaire directe à une prime qui fructifie pour "plus tard". Les études démontrent pourtant que l’épargne-pension constituée via l’employeur est cruciale pour limiter la perte de revenus entre le dernier salaire et la pension légale.

De plus, il faut se poser la question de savoir si une augmentation de salaire directe est plus rentable qu’une augmentation de la pension complémentaire. Pour y répondre, nous sommes partis du cas d’une personne qui a le choix entre une augmentation de 100 euros brut et 100 euros de participation supplémentaire de l’employeur à son assurance de groupe.

 

 

 

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Une augmentation de salaire de 100 euros brut coûte en réalité 135 euros à l’entreprise qui doit payer 35 euros de cotisations sociales. Du côté de l’employé, les cotisations sociales doivent être déduites du montant brut. Si nous partons d’un taux d’imposition de 50% et de taxes communales de 6%, seuls 41 des 100 euros d’augmentation aboutissent dans la poche de l’employé.

Supposons maintenant que l’employeur décide de ne pas accorder d’augmentation salariale directe, mais de verser 100 euros de plus dans le deuxième pilier: il devra ajouter une taxe de 4,4% sur la prime, et une cotisation sociale spéciale de 8,86%. Coût total: 113 euros. Tenant compte de 5% de frais, 95 euros atterriront dans le plan de pension, ce qui porte à 84% (95 euros sur 113 euros) la part revenant à l’employé. Par comparaison: en cas d’augmentation de salaire, il n’en recevra que 30% (41 euros de 135 euros).

Une troisième possibilité serait que l’employeur verse l’augmentation de salaire de 100 euros sous forme de participation de l’employé au plan de pension. Cela lui coûterait en réalité 138 euros tandis que l’employé verrait son plan de pension augmenter au final de 60 euros net. Des coûts supportés par l’employeur, seuls 44% se retrouveraient dans la poche de l’employé.

Cet exemple illustre clairement que l’employé est favorisé en cas de versement supplémentaire de l’employeur dans le deuxième pilier. C’est dans ce scénario là qu’il reçoit le plus en net. Pour l’employeur aussi, c’est le meilleur choix car le coût total est moins élevé. Ceux qui, malgré cette démonstration, préfèrent garder les rênes et investir eux-mêmes pour leur pension, devront réussir à placer leur argent à un taux d’au moins 3,25% par an, soit le taux garanti qui s’applique encore aujourd’hui aux versements de l’employeur dans le deuxième pilier.

Il va de soi que la situation est plus nuancée: il faut par exemple tenir compte de la taxe (entre 10 et 20%) sur le capital au moment où l’employé partira à la retraite. Par ailleurs, tout le monde a besoin d’une augmentation de salaire directe pour faire face à ses besoins quotidiens. Et il faut aussi garder à l’esprit que la pension légale et les pécules de vacances sont calculés sur la base du salaire brut: ils augmenteront donc aussi en cas de hausse du salaire. Mais la pension légale est plafonnée; ceux qui gagnent plus de 49.773 euros brut par an ne verront donc pas leur pension légale suivre l’augmentation salariale.

Compte tenu de tous ces facteurs, il semble clair que les employés n’ont pas intérêt à opter aveuglément pour une augmentation salariale directe si leur employeur leur laisse le choix.

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